Accueil Société Chasse aux vendeurs œuvrant le long des grandes avenues, Ce qu’en pensent les Kinois

Chasse aux vendeurs œuvrant le long des grandes avenues, Ce qu’en pensent les Kinois

Mardi 05 juin 2012/ (Une enquête de Mafe Ekanza, Tania Bamba, Joëlle Kinda, Ira Kidombi Yanga sour la supervision de J.P Seke) Depuis quelques jours, le gouvernement a arrêté un train de mesures visant l’assainissement de la ville province de Kinshasa. En prévision du 14ème Sommet de la Francophonie prévu au mois d’octobre 2012 dans la capitale congolaise. L’une de ces mesures est le déguerpissement de tous les vendeurs et commerçants qui exercent le long des routes et grandes avenues. Cette décision a été accueillie de façon mitigée dans l’opinion. Nous avons, dans le but d’éclairer la lanterne de nos lecteurs, décidé de faire parler quelques Kinois parmi lesquels, les victimes, les non-victimes et quelques observateurs neutres. Aimée Kajinga, vendeuse de beignets : Cette mesure vise aussi notre protection face aux accidents : « Moi, je trouve que cette mesure gouvernementale est bonne. Car elle vise aussi notre propre protection, notre sécurité face aux accidents de circulation surtout pour nous qui vendons le long des routes. Mais nous demandons en revanche aux autorités de nous donner un autre endroit ou site où nous pouvons exercer notre commerce. Car il est notre seul moyen de survie surtout que nos maris sont au chômage. Sacré Lupulusu : détenteur d’une cabine publique : « L’Etat doit commencer par éradiquer le phénomène kuluna avant de s’attaquer aux pauvres vendeurs » « J’ai comme l’impression que les gouvernants sont en panne d’imagination. Ils devaient commencer par s’attaquer au phénomène Kuluna qui fait beaucoup de victimes dans la ville au lieu de maltraiter les gens qui se débrouillent par le petit commerce. Le gouvernement n’a-t-il pas d’autres priorités ? Pour nous, la mesure de Matata Ponyo est mauvaise et vise à torpiller le petit peuple ». Abbé Malando, agent de l’Etat : « Matata Ponyo n’est pas le premier à prendre une telle mesure » La mesure n’est pas du tout mauvaise en soi, parce que l’assainissement de nos grandes avenues est quand même nécessaire. Mais je pense que l’auteur de la mesure devait d’abord préparer des endroits sûrs dans chaque commune avant de se décider. Ce qui permettrait aux vendeurs et petits commerçants à trouver leur compte et subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles. Matata Ponyo n’est pas le premier dirigeant à prendre une telle décision. Mais le comble, c’est que ces mesures n’ont jamais rien produit à la longue. Il suffit d’un relâchement, tout va recommencer. Axelle Iyonga (21 ans) changeur de monnaie, victime : « Les policiers doivent arrêter d’extorquer les biens » : Quand on demande aux policiers de chasser les vendeurs exerçant le long des avenues, ça ne leur donne pas droit d’extorquer des paisibles citoyens débrouillards. Ils m’ont ravi la table, le parasoleil et l’argent. C’est aussi faire l’assainissement de la ville ? Chance Mujinga, pharmacienne : « Ceux qui veulent exercer le commerce doivent se conformer à la loi » : La mesure de chasser les vendeurs le long des grandes avenues est louable et ça permis de dégager la chaussée qui a une bonne visibilité aujourd’hui. Ceux qui exercent le commerce, s’ils veulent être à l’abri, doivent se conformer à la loi. C’est dur mais c’est possible. Et ils ne seront pas menacés. Francine Bipula, observatrice neutre : « Les Kinois doivent savoir ce qu’ils veulent, un Kinshasa propre ou un Kinshasa sale ? « Je crois que la mesure du Premier ministre est bien réfléchi. Il vise à assainir la capitale et à rendre la ville de Kinshasa propre. Et ça toujours été le souhait des Kinois de voir la capitale, revêtir sa belle robe. C’est là que je dis que les Kinois doivent savoir ce qu’ils veulent, une capitale propre ou Kinshasa la poubelle comme ils s’en plaignent eux-mêmes. On peut condamner les policiers, mais ils n’exécutent que l’ordre de leur hiérarchie. Pour avoir es omelettes, il faut casser des œufs. Voilà. Mme Mamie Luyeye : « Arrêter de brûler les étalages, les chaises et les parasols » Je ne suis pas d’accord de la manière dont les policiers traitent les vendeurs. Ils sont autorisés à les chasser mais pas à confisquer et à brûler leurs chaises, étalages, chaises… Jean-Théo Ngwisana étudiant : « La décision était pris dans la précipitation » La décision du gouvernement était prise dans la précipitation. Une préparation psychologique aurait été nécessaire parce que la Francophonie se tient dans 4 mois. On a encore le temps.