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Editorial

Le suivi à l'examen d'Etat : la honte Institutionnalisée

Jeudi 20 juin 2013

L'édition 2013 de l'épreuve d'Etat, appelée ailleurs baccalauréat, débute le 24 juin prochain. Dans les différentes écoles secondaires du pays, c'est la veillée d'armes. Si la sérénité règne chez les élèves consciencieux, qui avaient mis la main à la pâte dès la rentrée scolaire, une certaine anxiété habite ceux des élèves qui, comme la cigale de La Fontaine, ont passé leur temps à chanter. Mais ces derniers chantaient-ils vraiment inconsciemment ? N'étaient-ils pas plutôt sûrs de la monnaie de change qu'ils détenaient et qu'ils brandiraient ostentatoirement lorsque les fourmis leur demanderaient de danser ?


La raison de leurs chants, au moment où leurs camarades se préparaient fiévreusement, est plutôt leur quasi-assurance d'obtenir le diplôme d'Etat. Ils sont malheureusement plus nombreux que ceux qui fournissent encore de véritables efforts en vue de décrocher ce précieux sésame. Cette assurance leur vient du " suivi ".

Le suivi relatif à l'examen d'Etat est un mécanisme dont la compréhension est très complexe pour ceux des compatriotes qui sont encore animés du bon sens. Car les choses ont beaucoup changé depuis quelques années. Jusqu'à une certaine période, en effet, les finalistes des humanités qui terminaient leurs examens restaient tranquillement chez eux en attendant la publication, par des circuits connus, des résultats. Les préfets et les autres administratifs, s'ils n'étaient pas déjà en vacances, reprenaient leurs occupations quotidiennes.

Si ce qui se passait hier était le jour, il faut en tout cas affirmer sans la moindre retenue que ce qui est vécu aujourd'hui est la nuit noire. Car il n'y a aucune commune mesure entre les deux périodes. Aujourd'hui, les chefs d'établissement vivent sous une dangereuse tension, risquant à chaque instant une rupture d'anévrisme, dès la fin de l'épreuve d'Etat. Car c'est en ce moment que commence véritablement ce que les élèves, mais également certains parents irresponsables, attendent d'eux. Tout l'encadrement qu'ils ont assuré durant toute l'année n'était pour ces élèves que du simple remplissage. Ce qu'ils attendent du préfet, c'est  qu'il fasse le suivi.

Il s'agit d'un terme codé car ce n'est ni plus ni moins que de la corruption à grande échelle. Il consiste, en effet, à corrompre d'abord le délégué du gouvernement dans un centre d'examen d'Etat, puis le correcteur au centre national de correction.

Malheur aux préfets dont les élèves ont échoué à cette épreuve. Pratiquement chaque année, plusieurs d'entre eux font les frais des finalistes malheureux. Ils sont incroyablement tenus pour responsables de ces échecs. Ils doivent se faire protéger quelques jours durant par des éléments de la police nationale. Ces jeunes gens, survoltés, cherchent à les molester. Au passage, ces futurs cadres du pays n'hésitent même pas à tout casser dans les installations qui ont pourtant permis leur formation. Ils reprochent à leurs préfets de n'être pas courageux, ce qui les empêche de bien faire le suivi. Leur réussite à l'examen d'Etat, croient-ils dur comme du fer, est tributaire du suivi qui, lui, est l'apanage des chefs d'établissements. La situation du préfet est pire lorsque l'école a fait un " néant ". Il vit alors un véritable calvaire.

C'est une corruption qui a toutes les allures d'une affaire institutionnalisée. Car les autorités politico-administratives, celles de l'EPSP comprises, la population, tout le monde est au courant de cette pratique. Malgré cela, elle se répète chaque année.

Plusieurs parents, avant d'inscrire leurs enfants dans une école secondaire, tiennent à s'assurer du courage du préfet, c'est-à-dire, pour les non-initiés, de sa capacité à faire le suivi, à corrompre. Ne pouvant pas sortir cet argent de leurs poches, les préfets exigent des frais occultes y relatifs aux élèves concernés. On ne sait pas très bien à ce jour de qui, des élèves ou des correcteurs, est partie la pratique. Seulement, en amont comme en aval, tous ceux qui s'y adonnent se retrouvent. Car il y a même des coursiers dont l'activité principale est de contacter des préfets hésitants pour le compte des correcteurs.

Il n'y a donc pas à s'étonner que de nombreux étudiants, aujourd'hui, soient incapables d'écrire correctement une seule phrase, quelle que soit la langue utilisée. Les causes de la baisse du niveau de notre enseignement sont multiples. Mais on doit voir un début de solution. Comment veut-on voir les élèves motivés, se préparer minutieusement leurs examens, lorsque des mesures draconiennes ne sont pas prises pour éradiquer cette honteuse pratique ? Qui arrange-t-elle finalement, cette pratique, pour qu'on la laisse perdurer ? Est-il vraiment difficile d'amorcer une enquête dans ce secteur afin qu'à la fin on mette hors d'état de nuire les brebis galeuses ? L'important est-il de fermer les yeux, laisser le plus grand nombre de finalistes avoir leur diplôme n'importe comment pour contenter tout le monde afin d'avoir la conscience tranquille, ou se soucie-t-on vraiment de l'avenir de ce pays ? Lorsqu'un homme a perdu la faculté d'avoir honte, il est complètement perdu et il n'y a plus aucun espoir pour lui.

Il est en tout cas grand temps que le ministère de l'Enseignement primaire, secondaire et Professionnelle se penche sérieusement sur ce problème. Cela va de l'avenir de tout un pays. Le nôtre.

 

Jean-Claude Ntuala

 

Le charlatanisme africain

Mercredi 19 juin 2013

Les informations que nous suivons quotidiennement dans les médias et les différents rapports établis par différentes organisations indépendantes révèlent que l'Afrique post coloniale se porte de mal en pis. D'est à l'ouest, du nord au sud tout comme au centre, le tableau désolant est presque le même.


Et cela dans divers secteurs de la vie en commençant par le social. Nous nous souviendrons que   c'est suite aux stress dus à des mauvaises conditions d'existence qu'un jeune Tunisien s'est immolé ne pouvant plus supporter le train de vie qu'il menait. Cet acte avait déclenché ce que d'aucuns ont qualifié de printemps arabe qui a emporté successivement les présidents Ben Ali de Tunisie et  Hosni Moubarak d'Egypte. Le plus malheureux des victimes de ces révolutions populaires a été celui qui se faisait appeler " guide " libyen emporté non seulement politiquement, mais aussi physiquement. En cette matière pourtant les Magrébins sont de loin mieux lotis que leurs contemporains du sud. C'est pour dire que si les Africains au sud du Sahara avaient le même sang chaud, la tempête qui a soufflé au nord aurait provoqué beaucoup plus de vagues et certains dictateurs seraient aujourd'hui déboulonnés de leur piédestal. Tel n'est pas le cas. Ils n'ont qu'à s'en réjouir.

Si les conditions de vie des Africains sont déplorables, c'est parce que la gouvernance des Etats pose un sérieux problème. La corruption a atteint aujourd'hui des proportions inquiétantes alors que leurs auteurs se la coulent douce. A la base de cette impunité, la complicité des dirigeants eux-mêmes trempés dans des maffias. Il y a peu, un scandale a éclaté dans un pays ouest africain où un très haut responsable a été accusé de trafic des drogues. Impensable ! Combien de chefs d'Etat africains ne sont -ils pas actuellement dans le collimateur de la justice française pour abus des biens sociaux et enrichissement illicite au détriment de leurs pays? Combien de villas et de comptes bancaires que l'ancien dictateur maréchal ex zaïrois n'a-t-il pas laissés en Europe après avoir été chassé du pouvoir par l'AFDL ?  Souvenons-nous du fameux rapport du panel de l'ONU sur le pillage des richesses naturelles dans l'est de la RDC où des autorités civiles et militaires de la RDC et des pays voisins ont été cités ? En RDC, certains de ces maffieux ont été sévèrement sanctionnés. Curieusement aucune sanction n'a été prise ailleurs contre ces criminels économiques. De là à conclure qu'ils opèrent avec la bénédiction de leur Etat, il n'y a qu'un pas que nous pouvons vite franchir.  Dans ce chapitre, les exemples sont légion.

Mais pourquoi la gouvernance laisse-t-elle à désirer en Afrique ?  Simplement parce que la démocratie n'y est pas encore suffisamment installée, sommes-nous tenté de répondre.  Et pourquoi ce déficit démocratique dans des pays qui ont réclamé à cor et à cri leur indépendance au motif qu'ils étaient brimés à l'époque coloniale?  En Afrique, il se trouve  des dirigeants qui se prennent encore pour des démiurges, qui se comportent comme des potentats.  Lorsqu'ils arrivent aux affaires, ils se croient tout permis. Vite ils imposent leur dictature.  Et comme chaque chose doit avoir une fin, telle est la loi de la nature, ils finissent par être chassés du pouvoir généralement de manière forte. Ceux qui le remplacent usent au ébut des discours démagogiques pour arracher l'adhésion des populations à leur action. Et ainsi de suite s'établit le règne des charlatans qui font miroiter des merveilles à leurs administrés alors qu'ils ne viennent que pour assouvir leurs appétits gloutons.  Malheureusement ces charlatans n'opèrent pas seulement en politique.  On les voit également dans le domaine religieux considéré comme sacré.

Aujourd'hui, et c'est là que la situation devient dangereuse, il se crée une sorte de connexion entre les charlatans en politique et ceux du monde spirituel. Pour réussir leur " coup ", les politiciens embrigadent les pasteurs et autres serviteurs de Dieu dans leur sale besogne.  Dans un tel environnement,  comment l'Afrique va-t-elle avancer et sortir de son prisme de la pauvreté  lorsque ceux-là sur qui le peuple devait fonder leur dernier espoir se liguent avec des potentats qui tiennent à s'éterniser au pouvoir tout en s'enrichissant scandaleusement au détriment des populations qu'ils sont censés protéger ?  C'est là tout le débat qui doit intéresser l'élite africaine sur la question du développement du continent noir. L'ère des charlatans de tous bords doit prendre fin pour céder la place à une Afrique des "civilisés ".

 

Rombaut Ot

 

Le charlatanisme africain

Mercredi 19 juin 2013

Les informations que nous suivons quotidiennement dans les médias et les différents rapports établis par différentes organisations indépendantes révèlent que l'Afrique post coloniale se porte de mal en pis. D'est à l'ouest, du nord au sud tout comme au centre, le tableau désolant est presque le même.


Et cela dans divers secteurs de la vie en commençant par le social. Nous nous souviendrons que   c'est suite aux stress dus à des mauvaises conditions d'existence qu'un jeune Tunisien s'est immolé ne pouvant plus supporter le train de vie qu'il menait. Cet acte avait déclenché ce que d'aucuns ont qualifié de printemps arabe qui a emporté successivement les présidents Ben Ali de Tunisie et  Hosni Moubarak d'Egypte. Le plus malheureux des victimes de ces révolutions populaires a été celui qui se faisait appeler " guide " libyen emporté non seulement politiquement, mais aussi physiquement. En cette matière pourtant les Magrébins sont de loin mieux lotis que leurs contemporains du sud. C'est pour dire que si les Africains au sud du Sahara avaient le même sang chaud, la tempête qui a soufflé au nord aurait provoqué beaucoup plus de vagues et certains dictateurs seraient aujourd'hui déboulonnés de leur piédestal. Tel n'est pas le cas. Ils n'ont qu'à s'en réjouir.

Si les conditions de vie des Africains sont déplorables, c'est parce que la gouvernance des Etats pose un sérieux problème. La corruption a atteint aujourd'hui des proportions inquiétantes alors que leurs auteurs se la coulent douce. A la base de cette impunité, la complicité des dirigeants eux-mêmes trempés dans des maffias. Il y a peu, un scandale a éclaté dans un pays ouest africain où un très haut responsable a été accusé de trafic des drogues. Impensable ! Combien de chefs d'Etat africains ne sont -ils pas actuellement dans le collimateur de la justice française pour abus des biens sociaux et enrichissement illicite au détriment de leurs pays? Combien de villas et de comptes bancaires que l'ancien dictateur maréchal ex zaïrois n'a-t-il pas laissés en Europe après avoir été chassé du pouvoir par l'AFDL ?  Souvenons-nous du fameux rapport du panel de l'ONU sur le pillage des richesses naturelles dans l'est de la RDC où des autorités civiles et militaires de la RDC et des pays voisins ont été cités ? En RDC, certains de ces maffieux ont été sévèrement sanctionnés. Curieusement aucune sanction n'a été prise ailleurs contre ces criminels économiques. De là à conclure qu'ils opèrent avec la bénédiction de leur Etat, il n'y a qu'un pas que nous pouvons vite franchir.  Dans ce chapitre, les exemples sont légion.

Mais pourquoi la gouvernance laisse-t-elle à désirer en Afrique ?  Simplement parce que la démocratie n'y est pas encore suffisamment installée, sommes-nous tenté de répondre.  Et pourquoi ce déficit démocratique dans des pays qui ont réclamé à cor et à cri leur indépendance au motif qu'ils étaient brimés à l'époque coloniale?  En Afrique, il se trouve  des dirigeants qui se prennent encore pour des démiurges, qui se comportent comme des potentats.  Lorsqu'ils arrivent aux affaires, ils se croient tout permis. Vite ils imposent leur dictature.  Et comme chaque chose doit avoir une fin, telle est la loi de la nature, ils finissent par être chassés du pouvoir généralement de manière forte. Ceux qui le remplacent usent au ébut des discours démagogiques pour arracher l'adhésion des populations à leur action. Et ainsi de suite s'établit le règne des charlatans qui font miroiter des merveilles à leurs administrés alors qu'ils ne viennent que pour assouvir leurs appétits gloutons.  Malheureusement ces charlatans n'opèrent pas seulement en politique.  On les voit également dans le domaine religieux considéré comme sacré.

Aujourd'hui, et c'est là que la situation devient dangereuse, il se crée une sorte de connexion entre les charlatans en politique et ceux du monde spirituel. Pour réussir leur " coup ", les politiciens embrigadent les pasteurs et autres serviteurs de Dieu dans leur sale besogne.  Dans un tel environnement,  comment l'Afrique va-t-elle avancer et sortir de son prisme de la pauvreté  lorsque ceux-là sur qui le peuple devait fonder leur dernier espoir se liguent avec des potentats qui tiennent à s'éterniser au pouvoir tout en s'enrichissant scandaleusement au détriment des populations qu'ils sont censés protéger ?  C'est là tout le débat qui doit intéresser l'élite africaine sur la question du développement du continent noir. L'ère des charlatans de tous bords doit prendre fin pour céder la place à une Afrique des "civilisés ".

 

Rombaut Ot

 

L'homme congolais : Chantier oublié

Mardi 18 juin  2013

Comme n'importe quel postulant, le candidat Joseph Kabila avait, en 2006, présenté un programme qui devait être celui de son gouvernement en cas d'élection. Elu, le Chef de l'Etat s'est employé à appliquer ce programme, les cinq chantiers de la République. Réélu cinq ans plus tard, il poursuit les travaux entamés avec une nouvelle orientation, la révolution de la modernité.


Mais les travaux se poursuivent, certains s'achèvent, et le principal bénéficiaire, le Congolais, s'emploie à les détruire à petit feu. Pendant que le Gouvernement se bat pour assurer la reprise économique, des trafiquants de toutes sortes s'emploient à saigner cette économie. La corruption, à tous les niveaux, bat son plein, pendant que les caniveaux sont utilisés comme décharges publiques. De l'autre côté, l'immoralité chasse petit-à-petit les valeurs avec des images obscènes diffusées à la télévision et l'affichage au grand jour des pédés.

Dès l'avènement de la 2ème République, l'homme congolais a été progressivement conditionné dans sa mutation vers les antivaleurs. Et ce qui devait arriver est arrivé. Le Congolais, dans l'ensemble, a perdu tous ses repères. Ainsi il fallait, avant tout, le reformer, lui inculquer des valeurs, lui restituer donc les valeurs qu'il a perdues suite à un management calamiteux.

Car on lui a dit qu'un bon Congolais devait être " miso ga ", que prendre ce qui n'est pas à lui n'est pas du vol, mais plutôt " être clair ". On lui a conseillé de voler un peu, de mentir comme un vrai fils du pays. On a banalisé la corruption sous toutes ses formes et à tous les niveaux, même à l'école primaire, même à l'université.

On lui a dit que s'accrocher aux portières des bus ou derrière était du sport. On a enseigné au responsable qu'il devait servir en se servant. On a indiqué au militaire que le civil était son champ où il ne planterait jamais rien, mais où il récolterait tant qu'il le voudrait. On a dit au policier chargé de régler la circulation routière qu'il avait un versement à effectuer chaque soir auprès du chef s'il ne voulait pas être envoyé devant une école afin d'aider les écoliers à traverser la route.

On lui a conseillé de ramener chaque soir à la maison, après une journée de travail, les " haricots des enfants ". On lui a avoué que les services de l'Etat ne coutaient pas chers, mais qu'il fallait motiver quelqu'un pour en bénéficier. On lui a dit qu'être honnête équivalait à être un yuma, Joseph Kasa-Vubu étant le plus grand yuma que l'Afrique ait jamais connu. On lui a apprit que le bien public était un bien qui appartenait à tout le monde, donc à personne en particulier (sous-entendu : il faut en profiter au maximum, prendre la part dont on est capable une fois aux affaires). Et le Congolais s'est mis à pisser et à déféquer sur la voie publique parce que, répond-t-il avec outrecuidance, " c'est la rue de l'Etat ".

Lorsqu'au début, des gens intelligents tiraient la sonnette d'alarme face à la gestation du phénomène " enfants en rupture familiale ", le Congolais a craché sur ces cris d'alarme. Mais lorsque la situation s'est empirée, il s'est déchargé en accusant la rue d'avoir engendré ces enfants qui, entre-temps, étaient devenus des shégués et des kuluna.

On a chosifié l'enseignant, de la maternelle à l'université, afin de désintéresser les enfants à ce métier et, de manière générale, à l'instruction. A la place, on a valorisé toutes les formes de musique et des musiciens, en créant le mirage de la vie facilement gagnée. L'Occidental en a profité et est entré dans la danse. Il a ainsi facilement octroyé le visa au musicien et aux danseuses tout en le refusant aux chercheurs et étudiants. D'où la naissance du " phénomène ngulu ", tout le monde s'employant à se déguiser en musicien ou en danseur pour se voir octroyer un visa.

On lui a inculqué la culture de la jouissance avec des abstractions du genre heureux le peuple qui chante et qui danse (donc malheureux est le peuple qui travaille). On a appris au médecin que le serment d'Hippocrate n'avait de la valeur qu'au moment de sa prestation. Une fois sur le terrain, il fallait être réaliste et ne toucher au malade qu'avec la garantie qu'il est capable de payer, au risque de l'envoyer ad patres.

On a apprit au Congolais à profiter de la moindre parcelle d'autorité lui attribuée pour rançonner son compatriote qu'il ne doit donc pas aimer. Ainsi, le commis à la porte d'un hôpital devient tout puissant dès que le temps de visite est passé. Ses compatriotes ayant perdu toute notion de discipline, ceux qui tiennent à pénétrer dans l'enceinte de l'hôpital en dehors de ces heures doivent lui donner une poignée de main motivée.

On lui a conseillé à faire la politique s'il voulait très vite s'enrichir. On a conseillé au député de transformer les contrôles parlementaires et les questions orales en moyen d'enrichissement facile. En face, on a chuchoté à l'oreille du mandataire de ne jamais trembler à l'annonce d'une quelconque motion. Quelques dizaines de milliers en billets verts suffisent pour amener son initiateur à se pourlécher les babines. Et la roue parlementaire tourne à merveille.

La Nouvelle Citoyenneté a du pain sur la planche. Le cours de civisme devrait être privilégié dès l'école primaire. Car, tout comme une nation, un homme bien formé, équilibré, ayant tous ses repères, est capable de très grandes choses même avec peu de moyens. Mais celui qui n'a pas de repères, celui qui les a totalement perdus, risque de tout gaspiller même si on lui donnait tout l'or du monde. L'universitaire suisse Jean Ziegler n'a-t-il pas dit que le Congolais était un mendiant assis sur un tas d'or?

 

Jean-Claude Ntuala

 

Repartir sur de nouvelles bases

Lundi 17 juin 2013

En match comptant pour la cinquième journée des éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014,  Zone Afrique, l'équipe nationale de la République démocratique du Congo, les Léopards ont fait match nul (0-0) face aux Lions Indomptables du Cameroun hier dimanche 16 juin au stade des Martyrs de Kinshasa.


Ce match s'est joué en présence de plus de 80.000 spectateurs venus tous pour soutenir les Léopards. Après ce match nul,  la République démocratique du Congo se retrouve en troisième position avec 6 points après respectivement la Lybie 9 points et le Cameroun 7 points. Il y a environ deux semaines, les Léopards sont allés faire un match nul à Benghazi face aux Chevaliers de la Méditerranée (0-0). Les espoirs étaient dès lors permis d'autant plus que la Lybie avait la réputation de battre tous ses adversaires sur son sol. Mais le match de dimanche dernier et surtout la victoire des libyens face au Togo (2-0) a davantage compliqué l'équation, plutôt la tâche des Léopards dans ce groupe 5.  Avec Ce nouveau match nul, les Léopards de la RDC perdent leurs chances de se qualifier pour la prochaine phase finale de la Coupe du Monde au Brésil en 2014. L'équipe nationale de la RD Congo disputera son dernier match au mois de septembre prochain à Lomé au Togo face aux Eperviers du Togo.

En recevant les Lions Indomptables du Cameroun à Kinshasa, les fauves congolais devaient impérativement gagne le match de dimanche contre le Cameroun pour se relancer et surtout garder leurs chances de qualification pour le Mundial 2014.  En outre,  les joueurs des Léopards ont reçu le soutien de toute la communauté sportive congolaise, notamment les dirigeants de la FECOFA, le ministère des Sports et Loisirs, les anciens Léopards champions d'Afrique des Nations en 1968 et en 1974 et représentants de l'Afrique à la Coupe du Monde de 1974 en Allemagne fédérale. Tous ont communié pour la victoire des Léopards.

Malheureusement sur le terrain, les choses ne se sont pas passées comme l'on attendait. Les Léopards ont paru lourds et très hésitants face aux Lions Indomptables du Cameroun visiblement déterminés à faire prévaloir leur légendaire jeu offensif. Lès Léopards à l'image de Dieumerci Mbokani, un des meilleurs joueurs du championnat belge, ont été l'ombre d'eux mêmes. Les poulains de Claude Leroy n'ont pas pu sortir le grand jeu,, ils ont brillé par la précipitation, le manque d'engagement physique ; sans oublier de graves erreurs défensives qui ont failli permettre aux Camerounais de marquer un but. Sur le plan offensif les attaquants Mbokani, Trésor Mputu ont été l'ombre d'eux même. Ils n'ont pas pu inquiéter le gardien camerounais.

Il faut dire que l'élimination des  Léopards du Mundial 2014 est la conséquence de plusieurs facteurs. Il y a notamment l'impréparation de l'équipe nationale, la non application, faute des moyens, de la feuille de route pour la préparation, l'arrivée tardive des joueurs  professionnels et le manque de motivation.  Durant toute la période des éliminatoires du Mundial 2014, les Léopards n'ont pas su sortir le grand jeu. Face respectivement à la Lybie, le Cameroun et le Togo, les Léopards n'ont pas pu  convaincre les milliers de sportifs et amateurs du football de leur volonté d'aller de l'avant.  Visiblement le jeu de notre équipe nationale qui n'était pas à la hauteur d'une équipe nationale qui veut aller jouer une phase finale de la Coupe du monde. Autrefois pays de grands buteurs ( Ndaye Mulamba, Kalala Mukendi, Ntumba Pouce,  Kembo Uba Kembo ; Mayele Ayel Lawul, Baudouin Lofombo….) les Léopards  ont aujourd'hui un problème de finisseurs.

C'est ce qui fait que même si la ligne défensive arrive à tirer son épingle du jeu, les attaquants eux ne marquent presque pas vraiment des buts.

Aujourd'hui, force est de reconnaître qu'il faut repenser la méthodologie de travail au sein des Léopards.   Plutôt que de rester à philosopher et à chercher des polémiques après l'élimination des Léopards , les dirigeants du football, les sportifs congolais et le  Gouvernement par le biais du ministère des Sport et Loisirs doivent se remettre au travail et  réfléchir sur de nouvelles stratégies à adopter dans la préparation des Léopards dans la perspective de la CAN 2015 au Maroc et de la Coupe du monde de 2018 en Russie. Le vin est tiré il faut le boire en repartant sur de nouvelles bases.

 

Luc-Roger Mbala Bemba

 
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