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Nigeria : L'offensive de l'armée contre BokoHaram provoque l'éxode massif des habitants

Mercredi 22 mai 2013

L'armée nigériane poursuit  son offensive contre les terroristes de Bokoharam qui sèment mort et désolation dans la partie septentrionale du Nigeria. Selon diverses sources, l'offensive des forces nigérianes a provoqué l'exode de plusieurs milliers de personnes vers le centre du Nigeria et le Cameroun voisin. "Les forces armées nigérianes ont commencé les opérations pour débarrasser les régions frontalières des bases terroristes. Ces opérations vont impliquer un déploiement massif d'hommes et de moyens y compris l'aviation", a annoncé l'état-major des forces nigérianes, mercredi 15 mai 2013.


Le mardi 14 mai 2013, le président nigérian, Goodluck Jonathan, avait déclaré l'état d'urgence dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa, frappés par les attaques du groupe islamiste BokoHaram. Il avait promis des "mesures extraordinaires" en réponse à une série d'attaques menées par BokoHaram. "Certaines parties du nord de l'Etat de Borno sont déjà contrôlées par des groupes qui ont prêté allégeance à différentes bannières et idéologies", a-t-il ajouté.

Dans une vidéo reçue lundi par l'AFP, le chef présumé de BokoHaram avait revendiqué deux attaques particulièrement meurtrières : celle de Baga, le 16 avril, suivie d'une violente répression par l'armée ayant fait au total 187 morts, et celle de Bama menée le 7 mai, qui s'était soldée par au moins 55 morts.

Goodluck Jonathan, au pouvoir depuis trois ans, avait déjà déclaré l'état d'urgence en janvier 2012 à la suite d'une vague de violences similaires, mais le décret s'appliquait alors seulement à certaines zones dans quatre Etats. Pour l'instant, les conséquences concrètes de l'état d'urgence n'ont pas été clairement présentées. Quand l'ancien président OlusegunObasanjo avait déclaré l'état d'urgence par deux fois, en 2004 et 2006, il avait révoqué des gouverneurs d'Etat démocratiquement élus et les avait remplacés par d'anciens officiers militaires, nommés administrateurs pour gérer les Etats. M. Jonathan s'est engagé à ne pas user d'une telle méthode.

 

Une insurrection sanglante

Depuis 2009, BokoHaram mène une insurrection sanglante dans le nord du Nigeria. Pays le plus peuplé d'Afrique, avec plus de 160 millions d'habitants, et premier producteur de pétrole du continent, le Nigeria est divisé entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, principalement chrétien. Les attaques du groupe et leur répression violente par les forces de l'ordre nigérianes ont fait quelque 3 600 morts dans le nord et le centre du Nigeria depuis 2009. Le groupe est également soupçonné d'être derrière l'enlèvement de la famille française Moulin-Fournier dont les sept membres ont été libérés le 19 avril,

Chassés des villes du nord du Nigeria, les islamistes ont réussi à se regrouper, à se réarmer et à reprendre position dans plusieurs zones voisines du lac Tchad, aux confins du Niger, du Cameroun et du Tchad, bénéficiant du trafic d'armes en provenance de Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi. Les membres de cette organisation terroriste, parfois considérée comme une secte, ont également tissé des liens avec Al-Qaida. "Nous sommes confrontés à une rébellion et une insurrection d'un groupe terroriste qui représente une très sérieuse menace pour l'intégrité territoriale", a résumé Goodluck Jonathan, pour justifier cette décision.

Luc-Roger Mbala Bemba

 

 

Barack Obama effectuera une deuxième tournée historique en Afrique

Mercredi 22 mai 2013

Le porte parole de la Maison Blanche a annoncé hier mardi 21 mai 2013  la visite officielle en Afrique du président Barack Obama. " Ce sera la première grande tournée africaine du président américain. Barack Obama va se rendre au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie entre le 26 juin et le 3 juillet 2013 ", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche. Lors de son premier mandat, le président des Etats-Unis, dont le père, défunt, était Kényan, n'avait pu se rendre qu'au Ghana., en juillet 2009.


Le président américain Barack Obama va effectuer sa première grande tournée africaine depuis son arrivée au pouvoir, en se rendant au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie du 26 juin au 3 juillet,

Les Africains attendent  beaucoup ce déplacement du président américain depuis plus de quatre ans: la première grande tournée de Barack Obama sur le continent. Mais il va forcément y avoir des déçus. Le président américain ne se rendra que dans trois pays : le Sénégal, la Tanzanie et l'Afrique du Sud. Selon des sources diplomatiques, cette tournée africaine de  Barack Obama vise à étendre l'influence américaine sur le continent. Barack Obama a notamment choisi de ne pas se rendre au Kenya, dont il est pourtant originaire. Ce n'est pas surprenant bien sûr, puisque le nouveau président kényan Uhuru Kenyatta est poursuivi par la Cour pénale internationale. Il était impossible d'imaginer que le président des Etats-Unis fasse escale à Nairobi.

L'objectif affiché par la Maison Blanche, c'est d'étendre " la croissance économique, l'investissement et le commerce, de renforcer les institutions démocratiques et d'investir dans une nouvelle génération de dirigeants africains ". Barack Obama rencontrera des hommes politiques, mais aussi des chefs d'entreprise, avec l'accent mis en particulier sur la jeunesse africaine.

Le Sénégal est la seule étape francophone de cette visite, prévue entre fin juin et début juillet. MackySall avait été reçu, avec quatre autres chef d'Etat à Washington, DC fin mars, et il avait invité Barack Obama à lui rendre visite à Dakar, nous avait-il confié. La politesse devrait donc être retournée d'ici quelques semaines.

 

Investir en l'Afrique

Il faut souligner que depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a toujours fait de l'avènement de la démocratie et des droits de l'homme  la pierre angulaire de sa coopération avec les pays africains. C'est dans ce cadre qu'au mois de mars 2013, le président Obama a reçu à la Maison-Blanche les présidents du Sénégal, du Cap vert, de la Sierra Léone et du Malawi ; tous élus démocratiquement. Le président américain voulait surtout les récompenser  du fait que leurs pays ont connu des expériences démocratiques solides et émergentes.

M. Obama avait déjà reçu conjointement quatre dirigeants de pays africains à la Maison Blanche, le 29 juillet 2011. Il s'agissait des présidents béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, nigérien Mahamadou  Issoufou et ivoirien Alassane Ouattara. Il leur avait promis que les Etats-Unis allaient rester des partenaires fiables inconditionnels des pays démocratiques en outre tous ces pays étaient d'office éligibles à l'AGOA, la loi sur le commerce et les investissements qui permet aux pays africains de vendre leurs produits sur le marché américain grâce au tarif préférentiel.

Une stratégie pour l'Afrique

En juin 2012, M. Obama avait en outre dévoilé sa stratégie en faveur du développement de l'Afrique, avec l'objectif de renforcer la sécurité et la démocratie dans un continent qui fait face à la menace d'Al-Qaïda et à une offensive économique chinoise.

Ce plan vise à encourager le potentiel économique "sensationnel" du continent en matière de croissance afin de tirer des millions d'Africains de la pauvreté, dans un continent associé à la misère et aux conflits, en insistant sur quatre points: renforcer les institutions démocratiques, stimuler la croissance et les investissements, donner la priorité à la paix et la sécurité et promouvoir le développement.

L'administration a souligné les progrès qui ont été enregistrés en Afrique sous le mandat de M. Obama, par exemple en accompagnant la naissance du Soudan du Sud, ou en envoyant des forces spéciales pour aider les troupes africaines à mettre la main sur le rebelle ougandais Joseph Kony.

Dans son discours devant le parlement Ghanéen en juillet 2009, le président Barack Obama avait proclamé que si le continent a besoin de dons et d'un soutien international, "l'avenir de l'Afrique appartient aux Africains. L'Afrique n'a pas besoin des hommes forts mais des institutions démocratiques crédibles et fortes". a affirmé le président Barack Obama

Luc-Roger Mbala Bemba

 

 

Afrique subsaharienne : Vers un endettement plus soutenable ?

Mercredi 22 mai 2013

Dans une tribune qui reprend l'argumentaire développé dans la lettre au Sud du Sahara, publiée par l'Agence française de développement, l'économiste Vanessa Jacquelain revient sur la question du risque de surendettement pour les pays d'Afrique subsaharienne. Vanessa Jacquelain, économiste à l'Agence française de développement (AFD).


L'endettement de l'Afrique subsaharienne est aujourd'hui au plus bas depuis 30 ans. La situation contraste avec celle qui prévalait au milieu des années 90. A cette époque, l'endettement d'un certain nombre de pays était devenu tellement insoutenable qu'il compromettait à la fois leur croissance et leurs capacités à lutter contre la pauvreté.

Pour répondre à cette situation, la communauté des bailleurs de fonds a lancé en 1996 la plus grande campagne d'annulation de la dette jamais réalisée, appelée Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE). L'objectif était de réduire à un niveau soutenable le poids de la dette extérieure de trente neuf pays. Parmi eux, trente trois pays en Afrique subsaharienne. Cette initiative a été emblématique à plus d'un titre : pour la première fois, des institutions multilatérales comme le FMI ou la Banque mondiale ont procédé elles-aussi à des annulations de leurs créances. De leur côté, les pays ont mis en œuvre un certain nombre de réformes et des programmes de lutte contre la pauvreté. Emblématique enfin par les volumes en jeu : au total, 120 milliards de dollars ont été annulés et ont permis de réduire de 90% la dette extérieure publique de ces pays, qui est passée de 140 à 15 milliards de dollars. Un autre facteur permet d'expliquer la baisse des ratios d'endettement des pays africains : ceux-ci bénéficient dans leur ensemble depuis une dizaine d'années d'une phase de forte croissance quasi ininterrompue. Avec plus de 5% en moyenne, le continent est la deuxième zone géographique la plus dynamique après l'Asie émergente.

Divisée par quatre depuis 1994, la dette publique extérieure de l'Afrique subsaharienne représente aujourd'hui 20% du revenu national brut du continent et a rejoint la moyenne des pays en développement. Le service de la dette externe a été divisé par trois et représente moins de 5% des exportations de biens et services. Le desserrement de la contrainte financière et les marges de manœuvre budgétaires ainsi dégagées ont permis à ces pays d'augmenter, entre autres, leurs dépenses sociales et leurs dépenses d'investissement.

En parallèle de cet épisode d'annulations massives de dettes, il était devenu nécessaire de prévenir un ré-endettement excessif des pays à faible revenu. La communauté internationale des bailleurs a mis en place un cadre appelé cadre de viabilité de la dette destiné à responsabiliser les pays emprunteurs et leurs créanciers. Cette logique de discipline commune dans le recours à l'endettement souverain s'articule autour de plusieurs principes. D'abord, une classification des pays en trois catégories de risque de surendettement. En fonction des projections sur longue période des ratios d'endettement, les pays sont classés en risque faible (pays dits " verts "), modéré (pays " jaunes ") ou élevé (" pays rouges "). Ces niveaux de risque vont conditionner dans une large mesure les modalités d'intervention des bailleurs multilatéraux et bilatéraux. Un autre principe important est que les prêts aux Etats doivent répondre à des exigences de concessionnalité : en d'autres termes, ils doivent se faire à des conditions financières, notamment en termes de taux d'intérêt, très favorables. Sur les trente-neuf pays classés selon la méthodologie décrite, treize ont un risque de surendettement faible, quatorze ont un risque modéré et douze un risque élevé.

Sur les vingt-neuf pays africains ayant atteint le point d'achèvement de l'initiative PPTE, dix-sept sont malgré tout classés en risque élevé ou modéré. En effet, même réduits, les niveaux de dette doivent être mis en regard des capacités de remboursement - souvent limitées - des pays. Une dette même modérée, de 40 ou 50% du PIB, peut être difficile à rembourser pour des pays ayant des bases économiques étroites ou des recettes budgétaires comprises entre 10 et 20% du PIB comme c'est souvent le cas en Afrique.

Dès lors, quel rythme d'endettement soutenable pour les pays africains aujourd'hui confrontés à des défis gigantesques ? Les besoins d'investissement des économies africaines n'ont en effet jamais été aussi importants. La Banque mondiale estime à 93 milliards de dollars par an sur la prochaine décennie les besoins pour financer la seule mise à niveau des infrastructures du continent. Des investissements indispensables pour renforcer la compétitivité des économies et diversifier les économies, tout simplement accélérer la croissance d'un continent dont la population aura doublé d'ici 2050 et qui comptera près de 2 milliards d'habitants. Sans compter que les gouvernements doivent également garantir un accès durable de ces populations aux services de base comme la santé ou l'éducation. A cela s'ajoute, pour certains pays en Afrique de l'Est ou au Ghana par exemple, le défi de la gestion de découvertes récentes et parfois considérables de ressources naturelles (pétrole, gaz, charbon, ressources minières). Au Mozambique par exemple, les exportations de ces ressources ou les investissements nécessaires pour les exploiter vont représenter plusieurs fois le PIB du pays. Car la maximisation des retombées sur l'économie réelle ne pourra se faire sans participation et efforts financiers substantiels de l'Etat pour mettre en place les politiques publiques nécessaires pour relever les défis économiques, sociaux et institutionnels.

On le voit, les autorités africaines vont devoir concilier investissements massifs et préservation des équilibres budgétaires. D'autant plus que la croissance du continent a tendance à inciter bailleurs de fonds et emprunteurs à l'optimisme et attire des flux importants de financements étrangers. Certes, ce dynamisme est réel et l'on constate des tendances économiques très encourageantes pour le continent africain. Citons notamment l'émergence d'une classe moyenne, la bonne résistance pour l'instant aux turbulences économiques mondiales, le dynamisme de la demande intérieure dans certains pays. Il n'en demeure pas moins que ces économies restent pour la plupart insuffisamment diversifiées et caractérisées par une vulnérabilité au retournement des cours ou une brusque chute des recettes d'exportations. De plus, la littérature montre que, pour les pays ayant enregistré une crise de la dette, la probabilité de connaitre un nouveau défaut est relativement forte.

A cet égard, l'aide au développement, en apportant des ressources à des conditions favorables pour financer des investissements structurants, permet de préserver la soutenabilité de l'endettement tout en réduisant les vulnérabilités des économies de ces pays.

La question de la soutenabilité de l'endettement des pays d'Afrique subsaharienne fait aujourd'hui plus que jamais le quotidien des bailleurs de fonds et des pays emprunteurs. La prudence doit rester de mise. D'abord parce que la situation budgétaire des pays créanciers ne permettrait pas un nouvel épisode d'annulation massive des créances. Mais surtout parce qu'une nouvelle crise de la dette saperait, pour de longues années, les dynamiques porteuses d'espoirs à l'œuvre sur le continent. Elle hypothéquerait pour longtemps les capacités des États à mettre en œuvre des politiques publiques favorisant une croissance durable, et surtout davantage redistributrice qu'elle ne l'a été jusqu'à présent.

W.K

 

 

Combats entre le MNLA et le MUJAO à Anéfis

Mercredi 22 mai 2013

Le Mouvement National de libération de I'Azawad a essuyé une nouvelle attaque dans l'après-midi du 17 mai 2013 à Anéfis au nord du Mali à I'issue de laquelle 13 combattants du MUJAO ont été tués, deux véhicules détruits et deux autres récupérés par le mouvement touareg.


Cette attaque s'inscrit dans la suite de plusieurs agressions ayant visé le MNLA depuis l'intervention française au Nord-Mali, agressions qui se sont traduites par des opérations suicides, des embuscades contre des convois et des postes de contrôle du mouvement sans parler du siège de certaines localités contrôlées par le MNLA.

L'objectif visé est d'affaiblir le MNLA qui s'affirme comme un mouvement engagé dans la guerre livrée contre le terrorisme au Sahel par la France, les pays de la CEDEAO et le Tchad. L'autre objectif consiste à mettre en difficultés le MNLA en vue des futures négociations avec Bamako.

Ces informations sont donc à placer dans les enjeux stratégiques qui se déroulent actuellement au Mali liés notamment au prochain déploiement des forces Onusiennes de la MINUSMA, et mettent parallèlement en relief les manœuvres algériennes qui tendent à torpiller la stabilisation du Mali en ouvrant son territoire aux combattants d'Ansar-Eddine et aux éléments du MUJAO aux fins de chercher à fragiliser le MNLA.

 

 

Par la voix de son SG Abdou Diouf, La Francophonie inquiète par la décision de la Cour électorale spéciale à Madagascar

Lundi 20 mai 2013

Le Secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf a exprimé sa profonde inquiétude sur la situation à Madagascar créée par la décision rendue par la Cour électorale spéciale, le 3 mai 2013, établissant la liste des candidats à l'élection présidentielle. Il regrette que cette décision remette en cause l'ensemble du processus de sortie de crise.

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