Mardi 21 mai 2013
Après plus de trente ans de gestion scabreuse, finie l'ère de la Société nationale des éditeurs, congolais et auteurs (Soneca) et place maintenant à la Société congolaise des droits d'auteurs et des droits voisins (Socoda). C'est le résultat de l'ordonnance du 11 mars 2011, portant création de cette nouvelle structure.
Ladite structure a pris officiellement ses marques le jeudi 17 mai dernier, au terme de la cérémonie inaugurale de son siège situé au n°4 de l'avenue OMS, dans la commune de la Gombe. Cérémonie présidée par Baudouin Banza Mukalay Sungu, ministre de la Jeunesse, Sports, Culture et arts. Il a, à cette occasion, procédé à la coupure du ruban symbolique et au dévoilement du panneau indicateur, actes qui seront suivis de la visite de l'immeuble, remis à neuf, qui abritera la Socoda. Il contient dans son ensemble tous les services administratifs, y compris le parc informatique, chargé de connecter au monde, toutes les activités liées à son fonctionnement.
Comme pour exprimer leur adhésion à cette nouvelle structure, l'on a remarqué au lieu de la manifestation la quasi-totalité de toutes les figures marquantes du monde de la culture et de l'art, qui font la fierté de la RDC, toutes disciplines confondues. Entendez par là, musiciens, écrivains, sculpteurs, céramistes, acteurs de cinéma, et du théâtre populaire, photographes bédéistes, producteurs de scènes, propriétaires de maisons de disques etc.
Cernant les contours de l'événement, deux orateurs se sont succédé à ce propos. Il s'est agi de Jacques Mondonga, le PCA de la Socoda, et du ministre Baudouin Banza Mukalayi.
Dans son mot de circonstance, Mondonga a remercié le chef de l'Etat pour avoir responsabilisé le Premier ministre et son gouvernement, dans l'optique de disponibiliser les fonds nécessaire qui ont servi à l'installation de la Socoda, qui sera aux services des artistes congolais toutes disciplines confondues. Ces artistes congolais qui ont la responsabilité de véhiculer et perpétuer la culture et les arts, vont aujourd'hui vivre la réalité de la révolution de la modernité. Une modernisation qui sera vécue grâce à la structuration du mécanisme de fonctionnement qui sera basé sur un système de gestion en temps réel, a-t-il indiqué
Il a fait remarquer que la Socoda, a trois missions essentielles que sont : - protéger les œuvres de l'esprit, des créateurs affiliés - percevoir les droits d'auteurs et droits connexes en RDC et à l'étranger, pour elle-même, ses mandants et pour des sociétés correspondantes et enfin répartir aux ayants-droits leurs royalties
Protéger les œuvres de l'esprit est une mission exaltante qui découle d'un dépassement de soi, en vue de mieux s'incruster dans ce " cosmos " où la matière est le produit, tandis que la valeur est l'essentiel, a-t-il noté.
Intervenant à son tour, le ministre de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts, a mis en exergue le rôle fondamental que joue l'artiste dans la vie des nations, en ce qu'il contribue énormément à la confection de l'histoire des nations, à travers ses œuvres. Il est au centre de toutes les révolutions culturelles qui se sont opérées dans le monde a-t-il mentionné, avant d'enchaîner que la Soneca est bel et bien morte. La Socoda est le seul cadre devant protéger, désormais, les intérêts des artistes. Ce disant, il a pris l'engagement d'accompagner cette structure, pour laquelle, il a recommandé aux sociétaires d'en faire leur patrimoine. Prenez en soin, pour ne plus retomber dans les erreurs du passé, a-t-il dit en subsistance.
Cerise sur le gâteau
Faisant office de cerise sur le gâteau, la musique est intervenue, au terme de ces discours avec la participation d'une pléiade d'artistes musiciens, interprétant des œuvres de plusieurs générations. La joie était au comble avec la prestation des artistes tels que Jeannot Bombenga, Charly Kumiumba, Maïka Munam, Vonga Aye, Manuaku Waku, Mbilia Bell, Blaise Bula, Alain Makaba, Manda Chante, Alain Mpela, Lofombo, Djuna Mumbafu, Dilu Dilumona, Celéo Schram , Jus d'Eté, Félix Wazekwa, Sampaio et parmi eux un Congolais de Brazzaville, Bernard Buka, mandaté expressément pour assister à l'événement. La musique produite par cette crème avait été tellement emballante, à tel point qu'un musicien de la nouvelle génération a reconnu le mérite des générations précédentes en avouant en ces termes : " ces vieux ont réellement du talent dans leurs veines " (…).
Comme mentionné plus haut, toute la fine fleur congolaise du monde des arts était présente. C'est le cas entre autre, du sculpteur Liyolo, du musicien Lutumba Simaro, des photographes comme Pao, Deky Kiwonsa, Giscard etc.
Dans son mode de fonctionnement, la Socoda a pris l'option d'être visible sur l'ensemble du pays, à travers des délégués provinciaux, des chefs d'agences et des chefs d'antennes. Pour les adhérents, les frais à payer s'élèvent à 20 $ en francs congolais, auprès des agences de la BIAC et pour la déclaration des œuvres 3.000 FC, en y joignant les preuves et 10 $ en FC pour la carte de membre. Tout est donc paré pour la Socoda.
Maurice Bakeba